Mouvement New-Age
| 1 | PRÉSENTATION |
New Age, mouvement, vaste amalgame de divers courants spirituels, accessoirement sociaux, politiques, et même scientifiques, ayant pour objectif de transformer les individus et la société par l’éveil de l’esprit et l’élargissement de la conscience ; le New Age vise ainsi à préparer l’humanité à quitter l’« Ère du Poisson » — dans laquelle elle vit actuellement et qui est synonyme de barbarie —, pour entrer dans un « nouvel âge », l’« Ère du Verseau », ère d’amour et de lumière.
| 2 | ORIGINES ET DÉFINITION DU NEW AGE |
Né aux États-Unis au début des années soixante-dix, inspiré de l’ésotérisme, de la théosophie et de croyances empruntées à divers courants religieux, le New Age est la vision utopique d’une ère d’harmonie et de progrès. Souvent considéré comme une forme de résurgence du paganisme ou du gnosticisme, ce mouvement, qui réunit pêle-mêle individus, groupes activistes, entreprises, groupements professionnels ou disciples d’associations religieuses, puise ses racines plus récentes dans le spiritualisme du xixe siècle et la contre-culture des années soixante. Affirmant la suprématie de l’esprit sur la matière, il rejette conséquemment le matérialisme, le rationalisme et le consumérisme de la civilisation occidentale au profit du mysticisme oriental, et préfère l’expérience spirituelle directe à toute forme de religion organisée. Les techniques d’amélioration personnelle et l’idée que chaque individu est à la fois responsable et capable de tout (il n’exploiterait, à l’heure actuelle, qu’une part infime de ses potentialités intellectuelles), depuis la guérison individuelle jusqu’à la création du monde, ont trouvé des applications concrètes dans les soins curatifs et les méthodes de conseil, aussi bien que dans le sport, les grandes entreprises, et ont suscité de nombreux débats, en particulier dans les cercles religieux.
| 3 | SON IMPACT IDÉOLOGIQUE ET SON POIDS ÉCONOMIQUE |
La pensée holistique, leitmotiv de la philosophie new age, a exercé une influence marquante sur le regard que l’on porte aujourd’hui sur la médecine (développement des médecines parallèles), l’environnement, la famille, le travail, l’aménagement du territoire ou la paix dans le monde, entre autres, en contribuant à mettre sur le devant de la scène médiatique, dans les années quatre-vingt, les questions féministes, écologistes, spirituelles ou humaines en général. L’importance du mouvement New Age, du point de vue économique, n’est pas négligeable : un marché considérable s’est créé d’abord aux États-Unis puis en Europe, pour l’édition, la presse, la musique (la techno, l’ambiant, la musique mentale en particulier), les ateliers, les retraites et les expositions traitant de ces sujets. Mais surtout, le mouvement a suscité un engouement formidable pour les produits naturels, les cristaux et diverses méthodes de méditation ou de soins.
| 4 | UN RISQUE DE GALVAUDAGE ? |
Parmi les idées et pratiques généralement associées — parfois à tort —, au New Age figurent pêle-mêle : l’enseignement anthroposophique, la transformation intérieure, la réincarnation, la vie extraterrestre, le « biofeedback », la psalmodie, les sciences occultes (alchimie, divination, astrologie, etc.), le yoga, la psychologie transpersonnelle, le chamanisme, les arts martiaux, la guérison psychique, la perception extrasensorielle (au besoin par la prise de drogues), l’hypnose, le spiritisme, le voyage astral, l’acupuncture, les massages, la relaxation, le zen, la mythologie, la visualisation.
On le voit, l’éclectisme extraordinaire du mouvement et son corollaire, l’atomisation des groupes et des pratiques qui s’en réclament, rendent problématique, sinon impossible, toute tentative visant à circonscrire, par-delà les définitions qu’en donnent ses initiateurs, vulgarisateurs ou adeptes radicaux (qui restent très marginaux, tel la communauté de Findhorn en Écosse), la pensée new age. Les opportunités commerciales qu’elle offre, le plus souvent à son corps défendant, l’exposent de surcroît à toutes sortes de récupérations ; la mode et la publicité ont été les premières à s’engouffrer dans ce « créneau ». Plus dangereuse, la récupération par les sectes n’a pas tardé à suivre. Dans sa version vulgarisée la plus édulcorée, « folklorisée », la pensée new age s’assimile plus ou moins à un culte de l’hygiène de l’esprit et du corps. Elle s’est aujourd’hui, sous cette forme, très largement intégrée aux modes de vie occidentaux (engouement pour les médecines douces, pratique accrue du sport, ceux relaxants en particulier, préoccupation écologique, lutte contre le tabagisme, etc.).