Les aliments peuvent modifier le patrimoine génétique
Les aliments sont capables d’entraîner des mutations des gènes, de les endormir ou de les réveiller et ainsi d’induire des effets bénéfiques ou délétères.
L’apparition d’une maladie dépend donc non seulement du terrain génétique de chacun mais aussi des modifications de l’expression génétique sous l’influence de ses habitudes alimentaires. C’est l’interaction entre le patrimoine génétique et l’alimentation - entre autres - qui va entraîner ou non le développement des pathologies.
Tel est le constat fait par des médecins éminents et des chercheurs du Cnrs et de l’Inserm réunis lors d’un colloque organisé fin septembre par l’Institut français pour la nutrition. Les scientifiques sont unanimes: les aliments peuvent moduler l’expression d’un gène spécifique. Soit directement en se fixant sur l’enzyme chargée de transcrire ce gène, comme c’est le cas pour les acides gras. Soit par des relais hormonaux, comme c’est le cas pour le glucose.
Les scientifiques constatent par ailleurs que le processus de la modification génétique par les aliments s’est accélérée ces cinquante dernières années. Depuis son apparition sur terre, il y a environs 7 millions d’années, l’alimentation de l’homme s’est profondément modifiée et diversifiée. Mais cette évolution s’est opérée sur de très longues périodes. Ce qui a permit au patrimoine génétique de s’adapter en douceur. Or, il n’a fallu que deux générations pour bouleverser totalement l’alimentation dans les pays industrialisés avec enrichissement en lipides saturés et en sucre et appauvrissement en amidon et en fibres. Un changement aussi important de l’alimentation sur une période aussi courte est difficile à gérer par notre patrimoine génétique d’autant qu’il est globalement d’une grande stabilité. On ne peut donc pas compter sur l’évolution de ce patrimoine génétique pour permettre ces adaptations sur de cours laps de temps. Résultat: des variations infimes mais rapides des gènes vont avoir des effets tout aussi discrets mais qui déterminent, en fait, le futur de chacun.
Autre conclusion des scientifiques et non la moins importante: contrairement aux médicaments qui sont administrés sur une courte période, les aliments représentes des stimuli faibles certes, mais répétés tout au long de la vie et qui vont interférer avec nos systèmes biologiques avec un impact notable sur les processus pathologiques.
A.B.
Source: Santé Pratique - Le journal de la médecine naturelle - N°24: 15 novembre 2003