Pesticides: vous reprendrez bien un petit verre?
L’institut français de l’environnement (ifen) vient de publier son cinquième bilan national sur la présence des pesticides dans les eaux. L’institut confirme la présence de plus de 150 pesticides différents dans les eaux superficielles (celles que l’on boira au robinet) et souterraines (celles que l’on achète en bouteille), à des niveaux alarmants.
Ainsi, près de la moitié de l’eau utilisée pour la production d’eau potable ne peut être distribué sans une décontamination spécifiquement adaptée aux pesticides. Cette décontamination est d’ailleurs souvent très insuffisante: 5% de la population française a été alimentée en 2001 par une eau ayant dépassé au moins une fois le seuil autorisé de pesticides (en 1993, une eau dépassant ce seuil critique avait été consommée par 30% des Français).
Parmi les pesticides les plus répandus dans l’eau du robinet et les eaux souterraines, les triazines sont toujours massivement présentes (des chercheurs danois les pensent responsables de la chute de la spermatogenèse et des cancers génitaux des hommes). La glyphosate (utilisé dans le Round-up qui provoque les douleurs gastro-intestinales, l’engorgement des poumons, la destruction des globules rouges…) ou l’aminotrizole (nausées, spasmes, dysfonctionnement thyroïdien) se retrouvent également souvent. Dans les eaux littorales, on note toujours la présence des organochlorés (contractions musculaires, convulsions). Aucune eau n’échappe à la contamination, ni les eaux de pluies, ni le brouillard car lors de l’épandage, selon les conditions atmosphériques, de 30 à 75% des produits sont dispersés à des distances importantes. Dans les départements d’outre-mer, les résultats sont encore plus préoccupants, notamment à cause de la présence d’insecticides interdits depuis plus de 10 ans…
Malgré ce constat effarant de l’ifen - qui dépend du ministère de l’Environnement - aucune mesure de réduction de l’emploi des pesticides n’est prévue. La seule action concrète menée jusqu’ici à été la création d’une filière de récupération des emballages vides et des produits non utilisés…
Source: Santé Pratique - Le journal de la médecine naturelle - N°22: 11 octobre 2003