Retombées du nucléaires militaire:
C’est fini, mais ça continue
Les essais atmosphériques nucléaires ont cessé dans l’hémisphère nord depuis quarante ans mais nous en subissons toujours les conséquences.
Dans un rapport d’expert (s’appuyant sur des milliers de résultats de mesures publiées par le Service centrale de protection contre les rayonnements ionisants) qui vient juste d’être publié par l’Académie des Sciences, on apprend que sur la période de 1954 à 1966, les essais nucléaires atmosphériques menés par les Russes et les Américains ont dispersé dans l’hémisphère nord plus de 190 mégatonnes d’énergie de fission… Ce qui correspond à une quantité de radioactivité émise d’un milliard de milliard de becquerels! Dont 70% pour le seul iode 131, responsable, entre autres, de l’apparition de nodules thyroïdiens.
À titre de comparaison, la quantité de polluant radioactifs émis pendant 12 ans correspond à 98 accidents de type Tchernobyl (soit environs un par mois pendant dix ans): la pollution en iode 131 a été 400 fois plus importante, et pour le césium 137 de 14 fois.
Quarante ans après, la pollution perdure et n’est pas négligeable. Pour être débarrassé totalement des éléments radioactifs, il faut compter une dizaine de demi-vies (qui est l’unité de mesure de la vie des éléments radioactifs dans le temps). Le plutonium 239 a une demi-vie de 28 000 ans, donc, il faudra atteindre 280 000 ans pour en être débarrassé. Le strontium 90 a demi-vie de 28 ans et le césium 137 de 30 ans. Un simple calcul permet de conclure que toute personne de plus de quarante ans est née et a vécu sa vie entière dans un environnement hautement radioactif.
Au total, concluent les experts, le nuage de Tchernobyl n’a représenté que 26% du total de la contamination radioactive dans les zones qui ont été les plus exposées.
F.L.
Source: Santé Pratique - Le journal de la médecine naturelle - N°24: 15 novembre 2003