La part suggestive de la douleur
La douleur peut être atténuée par la pensée, montrent des chercheurs américains dirigés par Jonathan Cohen, de l’université de Princeton (New-Jersey). Pour tester une prétendue pommade analgésique, des volontaires ont reçu au poigné des décharges électriques dont ils devaient indiquer les intensités, en présence ou non su produit. Simultanément, l’activité de leur cerveau était visualisée par imagerie cérébrale fonctionnelle, notamment les régions utilisées dans la perception de la douleur. La pommade, dépourvue de toute propriété analgésique, a pourtant été jugée efficace, les sujets à qui elle était appliquée déclarant, en général, avoir moins mal pendant les chocs électriques.
Cet effet s’est révélé bien réel au niveau des circuits cérébraux de la douleur, moins activés chez les personnes les plus sensibles à l’effet placebo. Dans ces cas, d’autres régions du cerveau étaient en revanche plus sollicitées. Il s’agirait de celles capables, selon les chercheurs, de moduler notre perception de la douleur lorsqu’elle se forge dans notre cerveau. Ces régions, les cortex préfrontal, dorsolatéral et orbitofrontal, nous rendraient plus ou moins douillets en nous donnant une idée de la douleur à venir.
Source: Science et Avenir N° 686 - Avril 2004